De plus en plus de copropriétaires roulent en véhicule électrique — et la tendance va s’accélérer. De nombreuses grandes entreprises s’engagent à passer leur flotte en 100 % électrique d’ici 2030, ce qui signifie que des milliers de salariés rentreront bientôt chez eux avec un véhicule de fonction électrique à recharger. Les parkings de copropriété doivent anticiper cette réalité dès maintenant.
Ce sujet s’inscrit dans une réflexion plus large sur la planification des travaux, notamment via le Plan Pluriannuel de Travaux et le fonds de travaux ALUR, qui permettent d’anticiper les investissements à venir.
Mais concrètement : comment installer une borne ? Faut-il un vote en assemblée générale ? Quelles aides existe-t-il ? Ce guide répond à toutes ces questions, simplement et dans l’ordre.

Deux grandes solutions : la borne individuelle ou l’infrastructure collective
Avant de parler de prix ou de vote, il faut comprendre qu’il existe deux types de projets bien distincts en copropriété : la borne individuelle — aussi appelée droit à la prise — et la borne de recharge collective.
Le droit à la prise : une borne pour soi, sans vote obligatoire
Un copropriétaire qui souhaite installer sa propre borne sur sa place de stationnement peut le faire sans attendre l’accord de la copropriété. C’est ce qu’on appelle le droit à la prise, encadré par la loi d’Orientation des Mobilités (loi LOM).
La démarche est simple : il informe le syndic par courrier recommandé et inscrit le sujet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Pour mieux comprendre le fonctionnement de la copropriété et le rôle de l’AG, n’hésitez pas à consulter notre article dédié. Le syndic dispose ensuite de 3 mois pour s’opposer — uniquement s’il peut justifier d’une impossibilité technique avérée ou de l’existence d’une solution collective déjà en place. Dans tous les autres cas, le copropriétaire peut faire installer sa borne et prend en charge l’intégralité des frais : achat, installation et consommation électrique.
Cette solution est idéale quand une seule personne est concernée. Dès que plusieurs copropriétaires sont intéressés, une infrastructure collective devient bien plus cohérente — et souvent moins chère pour chacun.

La borne collective : deux grandes options à comparer
Lorsque plusieurs copropriétaires souhaitent recharger leur véhicule, installer une infrastructure commune pour l’ensemble du parking est la solution la plus logique. Ces équipements relèvent des espaces communs de la copropriété et doivent être traités comme tels. Deux modèles existent.
La colonne horizontale Enedis repose sur le réseau public. Enedis installe une colonne électrique dans le parking, et chaque place équipée reçoit son propre compteur Linky individuel. Chaque copropriétaire choisit librement son fournisseur d’électricité et paie sa consommation au tarif normal, sans abonnement imposé. La copropriété paie une quote-part initiale, estimée entre 450 € et 2 200 € par utilisateur selon la configuration du parking. C’est une solution durable, valorisante pour le patrimoine, et sans engagement contractuel à long terme.
La colonne privée avec opérateur fonctionne différemment : un seul compteur alimente toutes les bornes, et un opérateur privé installe, gère et entretient l’ensemble de l’infrastructure. Il facture directement les utilisateurs via un abonnement mensuel, avec un tarif au kWh incluant sa marge. L’avantage immédiat : 0 € de coût initial pour la copropriété. L’inconvénient : un contrat privé sur plusieurs années et un coût d’usage potentiellement plus élevé sur la durée.
| Critères | Colonne horizontale Enedis | Colonne privée opérateur |
|---|---|---|
| Coût initial | 450 € à 2 200 € / utilisateur | 0 € |
| Abonnement | Aucun | Mensuel |
| Choix du fournisseur | Libre | Imposé |
| Type de réseau | Public | Contrat privé |
| Engagement | Aucun | Durée définie |
Le bon choix dépend du nombre de places à équiper, du budget disponible et de la vision long terme de la copropriété.

Combien coûte une installation de borne de recharge en copropriété ?
Le coût varie selon la solution retenue et la configuration du parking. En 2026, voici les ordres de grandeur à retenir :
- Solution colonne horizontale Enedis : entre 450 € et 2 200 € par utilisateur, selon les travaux de génie civil nécessaires.
- Solution opérateur privé : 0 € à l’installation, mais un abonnement mensuel à prévoir sur toute la durée du contrat.
Ces chiffres peuvent évoluer selon l’état du tableau électrique existant, la distance entre les places et le compteur général, ou encore le nombre de places à équiper simultanément. C’est pourquoi il est fortement recommandé de comparer plusieurs devis avant de présenter un projet en assemblée générale.
Si votre copropriété envisage par ailleurs des travaux de rénovation énergétique plus larges (isolation, chauffage collectif), l’installation des bornes peut s’intégrer dans une stratégie globale pilotée par un AMO en copropriété, ce qui facilite la coordination et le montage des aides.
Quelles aides financières pour une borne de recharge en copropriété ?
Les aides collectives
Pour une infrastructure collective, des subventions sont disponibles, pouvant couvrir jusqu’à 50 % du coût, dans la limite d’un plafond de 8 000 €, avec des aides complémentaires possibles pour les travaux de génie civil. Si votre copropriété envisage en parallèle une rénovation énergétique globale, pensez à consulter notre guide sur les aides à la rénovation en copropriété pour maximiser les financements disponibles.
Les aides individuelles
Chaque copropriétaire qui installe sa propre borne peut bénéficier d’un crédit d’impôt pouvant aller jusqu’à 500 €, sous conditions. L’installateur doit obligatoirement être certifié IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) pour que les aides soient accessibles.
Comment voter une borne de recharge en assemblée générale ?
Pour le droit à la prise : pas de vote, mais une information obligatoire
Dans le cadre du droit à la prise, aucun vote n’est requis. Le copropriétaire informe simplement le syndic et l’assemblée générale de son intention. Si le syndic ne s’y oppose pas dans les 3 mois, les travaux peuvent commencer. Pour tout comprendre sur le fonctionnement de l’assemblée générale en copropriété, consultez notre article dédié.
Pour une infrastructure collective : un vote à la majorité simple
L’installation d’une borne collective nécessite un vote en assemblée générale, généralement à la majorité simple de l’article 24. Si aucun reste à charge n’est supporté par le syndicat des copropriétaires, les travaux sont exécutoires immédiatement après le vote.
Pour faciliter l’adoption du projet, il est conseillé de présenter en amont une étude de faisabilité, un comparatif des solutions et des devis concrets. Une résolution bien préparée fait toute la différence.
Exemples de résolutions prêtes à l’emploi
Résolution pour une étude préalable (sans engagement financier) :
L’assemblée générale mandate le syndic pour solliciter plusieurs devis auprès d’entreprises qualifiées IRVE, étudier la faisabilité technique et identifier les aides mobilisables. Adoptée à la majorité de l’article 24.
Résolution pour une colonne horizontale Enedis :
L’assemblée générale décide la mise en place d’une infrastructure collective via le dispositif colonne horizontale Enedis, autorise le syndic à signer la convention avec le gestionnaire de réseau, sans reste à charge pour le syndicat. Les quote-parts individuelles sont supportées uniquement par les copropriétaires équipant leur place. Adoptée à la majorité de l’article 24.
Résolution pour une colonne privée opérateur :
L’assemblée générale décide la mise en place d’une infrastructure collective via un opérateur tiers chargé de l’installation, de l’exploitation et de la facturation des utilisateurs, sans reste à charge pour le syndicat. Adoptée à la majorité de l’article 24.
Existe-t-il une obligation d’installer des bornes en copropriété ?
La loi ne vous oblige pas à installer immédiatement une borne sur chaque place. En revanche, elle impose un pré-équipement dans deux cas : les immeubles neufs disposant de plus de 10 places de stationnement, et les bâtiments faisant l’objet d’une rénovation importante représentant plus de 25 % de la valeur du bâtiment.
Ce sujet s’inscrit naturellement dans la réflexion sur le DPE collectif + PPPT et la transition du PPPT vers le PPT voté en AG, qui permet à la copropriété d’anticiper et de planifier ses investissements à venir — dont le pré-équipement électrique fait partie. Le fonds de travaux ALUR peut d’ailleurs être mobilisé pour anticiper ces dépenses.

Borne de recharge et rénovation énergétique : une stratégie globale gagnante
Si votre copropriété envisage des travaux d’isolation, de chauffage ou de rénovation globale, c’est le bon moment pour intégrer l’installation des bornes dans le projet d’ensemble. Cette approche coordonnée permet de mutualiser les interventions, de réduire les coûts de chantier et d’optimiser le montage des aides.
Un AMO en copropriété peut piloter cette coordination de bout en bout : études, financement via MaPrimeRénov’ Copropriété, vote en AG et suivi jusqu’au versement des aides.
FAQ
C’est le droit pour tout copropriétaire d’installer une borne de recharge sur sa place de stationnement, sans avoir besoin d’un vote en assemblée générale. Il suffit d’informer le syndic par courrier recommandé. Celui-ci dispose de 3 mois pour s’opposer, uniquement dans des cas très précis.
Oui. Une infrastructure collective nécessite un vote en assemblée générale, à la majorité simple de l’article 24. Pour une borne individuelle dans le cadre du droit à la prise, aucun vote n’est nécessaire. Consultez notre article sur le fonctionnement de l’AG en copropriété pour en savoir plus.
La colonne horizontale Enedis repose sur le réseau public : chaque utilisateur a son propre compteur, choisit son fournisseur librement et ne paie pas d’abonnement. La colonne privée est gérée par un opérateur : l’installation est gratuite pour la copropriété, mais les utilisateurs paient un abonnement mensuel.
Pour la solution colonne horizontale Enedis, comptez entre 450 € et 2 200 € par utilisateur. Pour la solution opérateur privé, le coût initial est de 0 € pour la copropriété, mais un abonnement mensuel est à prévoir.
Oui. Pour une infrastructure collective, des subventions peuvent couvrir jusqu’à 50 % du coût (plafond 8 000 €). Pour les bornes individuelles, un crédit d’impôt allant jusqu’à 500 € est accessible sous conditions, à condition de faire appel à un installateur certifié IRVE. Consultez notre guide sur les aides à la rénovation pour les combiner avec d’autres financements.
Oui, mais uniquement dans des cas très précis : impossibilité technique avérée, existence d’une infrastructure collective déjà en place, ou projet collectif voté ou en cours. En dehors de ces situations, le droit à la prise protège le copropriétaire.
La loi d’Orientation des Mobilités impose le pré-équipement électrique des parkings neufs de plus de 10 places et des bâtiments faisant l’objet d’une rénovation importante. Ce pré-équipement doit être anticipé dans le cadre du PPPT et du PPT.
Tout à fait. Si votre copropriété envisage des travaux d’isolation ou de chauffage, l’installation des bornes peut s’inscrire dans ce projet global. Un AMO en copropriété peut coordonner l’ensemble et optimiser le montage des aides.
Entre le vote en AG, les études techniques et la disponibilité des entreprises, il faut compter en moyenne de quelques semaines à plusieurs mois. Anticiper est essentiel — d’autant plus que la demande va croître rapidement avec la généralisation des véhicules électriques.
Il est indispensable de comparer au moins deux ou trois devis pour évaluer le rapport qualité/prix et vérifier la certification IRVE de l’installateur. Sur mondeviscopro.fr, vous pouvez obtenir gratuitement plusieurs devis comparables en 5 minutes.



